République des Pyrénées cantèra 14 novembre 2025
La République des Pyrénées 18 novembre 2025
Extraits de l’article
À Paris, les « cantèras » béarnaises créent du lien
L’association des Béarnais de Paris organise régulièrement des soirées « cantèras » pour rassembler et faire vivre les chants traditionnels dans la capitale.
Dans le quartier de Châtelet-les Halles, en plein cœur de Paris, l’arrière du bar « Le Sous-Bock » s’est transformé, le temps d’une soirée, en petit coin de Béarn.
Ce vendredi 14 novembre, une trentaine de personnes s’y sont réunies pour une « cantèra ». Après quelques discussions autour d’une planche de fromage, un petit groupe se lève, carnet de chant à la main. Il entonne un premier air, aussitôt repris en chœur par le reste de la salle : « Amor d’Aussau, Lo temps passat… »
« J’étais déraciné »
Pour certains, ces soirées sont l’occasion de recréer du lien, à près de 800 kilomètres de leurs proches. « Quand je suis arrivé à Paris en 1986, je ne connaissais personne », se souvient André. « J’étais déraciné, donc j’ai cherché les racines. » À l’époque, il rejoint une association occitane,l’Estancade… créée par le père d’Aurélie. « J’ai passé de superbes années avec eux », se souvient-il. « On faisait la fête, on parlait, on chantait… Pour moi, ça a été très fort, ça m’a beaucoup aidé à m’intégrer et à vivre à Paris. »
Cette ambiance de convivialité et de partage, il la retrouve aujourd’hui avec les « cantèras » des Béarnais à Paris, auxquelles il participe depuis plusieurs années. Lili-Jeanne, elle, n’en manque aucune depuis son installation dans la capitale l’année dernière. « J’ai toujours entendu mes parents chanter à la maison, je traînais tout le temps dans les cantèras quand j’étais petite, donc c’était un peu la suite logique », explique cette étudiante en école de mode.
Étienne, 22 ans, originaire de Lembeye, vient quant à lui pour la première fois. Tout juste arrivé en région parisienne pour un poste de jardinier-paysagiste, il a repéré l’association sur les réseaux sociaux. « Je viens pour chanter, forcément, mais en dehors de ça, pour passer un moment convivial avec des gens de chez nous. »
Classiques béarnais
Comme eux, les 30 à 80 personnes qui participent aux « cantèras » ont des profils variés. « On a des jeunes, des moins jeunes, des personnes qui ne chantent pas mais aiment entendre chanter, mais aussi des gens qui n’ont rien à voir avec le Béarn mais qui aiment la polyphonie », explique Aurélie.
C’est justement le cas d’Olivier, membre du chœur basque Gernika. « Ce qui me plaît c’est chanter, en particulier a capella », explique-t-il. « Il y a beaucoup de chansons de berger, c’est un peu nostalgique. »
Certains airs ont une résonance particulière. « La chanson que vous venez d’entendre, mon oncle avait souhaité qu’elle soit chantée à ses funérailles, et je l’ai apprise à cette occasion-là », confie Cédric, originaire de Vallée d’Ossau et membre du groupe Lous Arricouquets.
Depuis son arrivée dans la capitale, il a découvert une grande partie du répertoire béarnais. « C’est ici, à Paris, que j’ai appris les premiers chants ossalois, et je suis content de pouvoir les chanter tousles 15 août, quand je retourne à Laruns pour les fêtes. »
« Aqueras montanhas », « Quan Lo Primtemps », « L’immortela »… Les classiques béarnaiss’enchaînent – parfois entrecoupés de chants basques, comme l’emblématique « Hegoak ». Une soirée pour créer du lien, parler Béarnais ou Occitan, et parfois se rendre compte que son voisin de table a grandi tout près de chez soi.




